Rainer Trüby est un dj au sens propre et classique du terme. Chargé de faire découvrir des rythmes étrangers à nos oreilles, il est le fondateur de la soirée Root Down, citée par le très sérieux quotidien britannique « The Guardian » parmi les meilleures soirées en Europe. Adulé par la presse internationale pour ses productions de qualité, il est aussi très bon cuisinier et critique vin pour le journal Badische Zeitung. Rencontre chez lui sur les hauteurs de Freiburg-im-Breisgau.
Qui est Rainer Trüby?
Rainer Trüby n'est plus très jeune... il est né en 1971. Je suis né à Stuttgart. Mon père était architecte, ma mère secrétaire d'architecte et mon frère est architecte. Moi je suis dj.
J'ai commencé à mixer à Stuttgart dans une maison de retraite, là où je faisais mon service civil. Je servais les repas le midi et tous les mardis j'organisais le « Tea-Time-Dj » de 14.00 à 18.00. Ils adoraient quand je jouais des schlager comme Paul Kuhn et son « Es gibt kein Bier auf Hawaii ».
J'ai commencé ma vraie carrière de dj grâce Mickael Beck qui est aujourd'hui le chanteur du groupe « Die Fantastischen Vier ». Il était dj au Onu-Club du duo Tiefschwarz et j'adorais ce qu'il jouait : un mélange de funk, soul et jazz des années 70 mixé avec du hip-hop. Du coup, j'ai commencé à acheter des vynils et Tiefschwarz m'a proposé de jouer le dimanche dans leur club.
Je suis arrivé à Freiburg-en-Breisgau pour mes études de sociologie et surtout parce que ma copine de l'époque y était. Quand j'ai emménagé ici, je voulais absolument continuer à mixer. C'était vraiment dur de trouver un endroit. J'ai donc commencé à jouer au Parade-Club, c'était uniquement le mercredi et si il y avait 15 personnes, j'étais content. C'est là que j'ai connu Gemma, qui est devenu ma compagne et avec qui j'ai eu un enfant Moses.
Votre soirée Root Down est réputée dans le monde entier. Quelle est sa véritable histoire?
J'avais un copain à Freiburg, Lukas Giese, avec qui je faisais des soirées au Drifters, un club situé au-dessus du Crash à Freiburg-im-Breisgau. On faisait des soirées tous les vendredis qui s'appelaient Root Down. En janvier 1996, on a démarré les soirées Root Down telles qu'on les connait actuellement au Waldsee, une ferme-auberge situé dans l'endroit le plus buccolique de Fribourg. Aujourd'hui, tous les derniers samedi de chaque mois, on accueille des dj's « soulful » comme le team Jazzanova ou Kruder&Dorfmeister qui viennent à la rencontre du public local.
La meilleure Root Down pour vous, quelle est-elle?
Une Root Down avec Peter Kruder en novembre 2000. On avait 1000 personnes avec une ambiance plutôt house et je me souviens que j'ai joué Roys Ayers et sa balade « Everybody loves the sunshine ». Le public était fou de joie!
Qu'appréciez-vous en Alsace en général et à Mulhouse en particulier?
J'aime l'Alsace pour sa culture de la cuisine, du vin, de la bonne bouffe. Et puis les Alsaciens viennent en nombre à nos soirées au Waldsee. C'est important, je crois, pour les gens de Freiburg de voir qu'il y a des voisins qui viennent à nos soirées.
Mulhouse est une ville industrielle avec des coins très chouettes. J'aime l'influence multiculturelle dans la gastronomie, dans la danse, etc. A Mulhouse il y a beaucoup d'immigration, je crois que c'est ce qui manque à Freiburg.
Une anecdote dans votre carrière?
En 2003, je jouais à Tokyo au Japon et une femme dans le public m'a donnée sa culotte Louis Vuitton pour que je lui la dédicace. Je me suis demandé ce qu'il m'arrivait!
Comment vous voyez-vous dans 20 ans?
J'aimerais arrêter de voyager pour mixer, c'est vraiment fatiguant. Je souhaite être plus posé et ouvrir un restaurant à Freiburg avec une petite carte et des bons vins.
Justement, vous qui connaissez bien Freiburg-im-Breisgau, avez-vous de bonnes adresses à nous conseiller?
Le nouveau restaurant Chezfine, avec un seul menu de dégustation à base de légumes, c'est vraiment très raffiné. La Casa Espanola pour les bons vins espagnols, les tapas, et l'agneau. C'est vraiment l'Espagne à Freiburg.
Il y a bien sûr le restaurant Schwarzer Adler de Fritz Keller, un restaurant gastronomique à la Philippe Bohrer.
Le restaurant Drexler's, où ma compagne Gemma travaille, pour leur cuisine traditionnelle.
Le restaurant Wolfshöhle, un restaurant gastronomique où l'on a l'impression de se retrouver à New York. Enfin, un petit restaurant qui s'appelle Bahnhöfle à Gundelfingen avec à sa tête un chef français. Un cadre sympa, des bons prix et certainement le meilleur endroit pour manger du poisson.
Quels sont les trois morceaux de musique que vous jouerez toujours?
« Right Down Here » de Asha Putli qui est la base du titre « Die Da » du groupe « Die Fantastischen Vier ».
René et Angela pour « Secret Rendez-vous ». Un titre de 1981, très boogie-disco.
Pépé Bradock et son titre « Deep Burnt », un classique de la musique house vraiment très bien construit.
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